Articles de laurentaycaguer

    • Laurent Ayaguer
    • bordeaux
  • I.V.G

    N’y a-t-il donc pas une Simone qui veille

    Quelque part dans les plaines des États-Unis

    Pour que la conscience collective s’éveille

    Pour que les femmes soient maîtresses de leur vie?

     

    N’y a-t-il donc pas une Simone là-bas

    Dans ce melting-pot aux obsessions puritaines

    Pour laisser aux femmes d’élémentaires droits

    Pour accorder le choix quand l’erreur est humaine?

     

    N’est-il point de dégoût au pays du vieux Sam

    Que de vouloir condamner des âmes souillées

    Par d’archaïques lois que des extrêmes acclament?

     

    N'est-il point de honte que de vouloir blâmer

    Des vies accidentées sans aucun état d’âme

    Dans ce grand pays qui prône la liberté ?

     

    Inédit mai 2022...

    Illustration : Coco, dessinatrice

    Bon week-end à tous

     

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  • Elle donnait du temps

    ELLE DONNAIT DU TEMPS

     

    Elle donnait du temps à des enfants

    Des sans le sou,

    Juste des pauvres gens

    Accrochés à son cou,

    Elle donnait son temps à des mendiants

    Soi-disant fous

    Soi-disant différents

    Qui demandaient beaucoup,

     

    Moi j’étais là, je l’observais

    En vieux garçon émerveillé

    Osant à peine lui parler,

    L’aborder…

     

    Elle affichait le ciel au fond des yeux

    Dans un sourire

    Effacé par des bleus

    Et des profonds soupirs,

    Les rayons du soleil dans ses cheveux

    Venaient mourir

    Devant les malheureux

    Qu’elle aidait à tenir,

     

    Moi j’étais là, à ne rien faire

    En vieux grognon célibataire

    En soupirant imaginaire,

    Solitaire…

     

    Elle donnait du temps et de l’amour

    Aux oubliés,

    Sans attendre un retour

    Sans arrière-pensée,

    Elle offrait tout son cœur et du secours

    Aux va-nu-pieds,

    Du soir au petit jour

    De la rue au foyer,

     

    Moi j’étais là, je l’observais

    En fonctionnaire de la paix

    En ronde dans la nuit bleutée,

    Épaté…

     

    Elle donnait du temps et de sa vie

    À des parias,

    Toujours anéantie

    Devant tant de dégâts,

    Elle donnait son temps et puis sa vie

    Pour des repas

    À des plus démunis

    Sans travail et sans toit,

     

    Moi j’étais là, à l’admirer

    Incapable de l’aborder

    Trop timide et trop complexé,

    Sidéré…

     

    Mais, une nuit elle n’est pas venue

    Le cœur trop lourd,

    Elle avait disparu

    Laissant un vide autour.

    Mais, un soir elle n’est pas revenue

    Personne autour

    Ne l’a jamais revue

    Donner tout son amour,

     

    Moi je suis là, depuis je pleure

    Si j’avais pu ouvrir mon cœur

    Si j’avais surmonté mes peurs

    À cette heure,

    À cette heure…

     

    "Elle donnait du temps" extrait de LES QUATRE SAISONS

     

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  • Il a ouvert les mains

    IL A OUVERT LES MAINS

     

    Il a ouvert les mains

    Les paumes vers le ciel

    Pour inviter sa belle

    À quelques doux câlins,

     

    Elle a baissé les yeux

    Son visage a rougi

    Et d’un pas indécis

    S’est approchée un peu…

     

    Il a ouvert les bras

    Un sourire à ses lèvres

    De sa plus douce voix

    A susurré la trêve,

     

    Elle a fermé les yeux

    Lui a offert sa joue

    Elle a prêté son cou

    Aux rites amoureux…

     

    Il a fermé les bras

    Pour enlacer sa belle

    S’enivrer de son miel

    Et de ses râles bas,

     

    Il a serré le poing

    Lui a soufflé je t’aime

    Et le visage blême

    Il a levé la main !

     

    "Il a ouvert les mains" extrait de "PO-M-ROCK"

    Interprété et mis en Musique par les élèves de l'atelier "Slam et Musique" du Lycée de Navarre à Saint-Jean-Pied-de-Port

    Vidéo sur : https://www.youtube.com/watch?v=ZeV7hTe4Dng

    Immense merci à eux !

     

    Il a ouvert les mains

     

  • Pas de voeux

     

    PAS DE VŒUX !

    Pas de vœux cette année
    Des aveux avérés
    D’insouciance enterrée
    De jouissances gâchées,

    Pas de vœux en ce soir
    Désaveu aux mâchoires :
    Ils seraient illusoires
    Les désirs dérisoires,

    Pas de vœux déplacés
    De chaleureux souhaits
    Nos espoirs agrippés
    Aux espoirs des grippés,

    Pas de vœux en cette heure
    Pas le feu, pas le cœur
    Pas de souhaits, pas de leurre
    Juste des jours meilleurs...

    Laurent Ayçaguer, décembre 2020

    2020 2021 def ok

     

  • Déconfits

    Appel au secours

    Des âmes esseulées

    Pour le grand retour

    Des déconfinés,

    Au diable les frasques

    Le bon temps n'est plus

    Derrière les masques

    La grande inconnue...

     

    Appel aux distances

    Aux gestes barrières

    C'est la nouvel' danse

    Du pas en arrière,

    Adieu le sourire

    Qui pouvait charmer

    Il faudra séduire

    Sans trop (s)’exposer…

     

    Plus de baisers, plus d'accolades

    Juste les yeux en embuscade,

    Pas de corps à corps, ni d'étreinte

    Ce sera l'amor sous contrainte !

     

    Appel à l'envie Des célibataires

    Quand les lieux de vie

    Seront délétères,

    Bye bye les fiestas

    Le règne du mètre

    Sera le diktat

    Il faut bien l'admettre !

     

    Appel déconfit

    Des cœurs en pâture

    Ça sent le roussi

    La déconfiture,

    Déprimante vie

    Si la peur est là

    Alors que l'envie

    Chatouille l'émoi...

     

    Plus de baisers, plus d'accolades

    Juste les yeux en embuscade,

    Pas de corps à corps, ni d'étreinte

    Ce sera l'amor sous contrainte !

     

    "Petite inspiration" du dimanche 3 mai...

    Prenez-soin de vous ! 

     

    Texte publié depuis dans "LES QUATRE SAISONS"

    Deconfits

     

  • La coiffeuse

    Elle écoute des histoires

    Comme on écoute la mer

    En noyant son regard

    Sur les dunes côtières,

    Elle écoute des histoires

    Des ragots, des chimères

    Qu’elle emporte le soir

    À des années lumière.

     

    Elle met des couleurs

    Aux cheveux les plus noirs

    Sur des potins mineurs

    Sur des mots sans histoire,

    Elle met des couleurs

    Aux idées les plus noires

    Comme un peu de chaleur

    Au fond d’un isoloir.

     

    Refrain :

    La coiffeuse soupire

    Entre soins et brillance

    Quand la journée s’étire

    Au son des confidences…

     

    Elle connaît les gens

    Et le temps qu’il fera

    Au travers des clients

    Qui passent entre ses doigts,

    Elle connaît le temps

    Qu’il faut passer parfois

    À écouter du vent

    Des mots de second choix.

     

    Elle rêve d’un ciel

    D’un endroit silencieux

    Loin des tubes de gel

    Et des shampoings aux œufs,

    Elle rêve d’un ciel

    Loin de tous les aveux

    Des femmes infidèles

    Des hommes prétentieux.

     

    Refrain :

    La coiffeuse soupire

    Entre soins et brillance

    Quand la journée s’étire

    Au son des confidences…

     

    Elle écoute des histoires

    Comme on écoute la mer

    Juste…

    Pour un peu de pourboire

    Dans une boîte en fer.

     

    Texte extrait de "LA VIE EXTRAORDINAIRE DES GENS ORDINAIRE"

    En attendant qu'une mélodie vienne s'y frotter... à bon entendeur musicien... salut ! ;-)

    http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/la-vie-extraordinaire-des-gens-ordinaire.html

    Coiffeuse

     

  • Le désert avance

    Le désert avance, avance

    Et nous autres,

    Nous comptons les grains de sable

    Pitoyables

    Nous brûlons par les deux bouts

    Nos atouts.

     

    La mer monte, monte, monte

    Et nous autres,

    Nous épongeons les records

    Sans accord

    Nous cautionnons sans ambages

    Le naufrage.

     

    Sous le soleil exactement

    Et sous les eaux prochainement

    Nous continuons dans l'indécence

    À scier la branche et la chance,

    Sous le soleil exactement

    Et sous les eaux prochainement

    Nous cultivons dans l'abondance

    Les prés carrés de l'inconscience.

     

    La facture grimpe, grimpe

    Et nous autres,

    Nous flambons allègrement

    Arrogants

    Nous tournoyons dans le vide

    Trop avides.

     

    La planète brûle, brûle

    Et nous autres,

    Nous cachons sous le tapis

    Le déni

    Nous attisons le brasier

    Insensés.

     

    Sous le soleil exactement

    Et sous les eaux prochainement

    Nous continuons dans l'indécence

    À scier la branche et la chance,

    Sous le soleil exactement

    Et sous les eaux prochainement

    Nous cultivons dans l'abondance

    Les prés carrés de l'inconscience.

     

    Le désert avance, avance

    Et nous autres,

    Nous maquillons par les mots

    Tous nos maux

    Nous occultons l'essentiel

    Démentiel !

     

    Extrait de "53 Pavés dans la mare"

    Alors que l'Australie brule...

    http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/53-paves-dans-la-mare.html

     

    Australie

     

  • Ces quelques notes

     
    Je jetais ma cigarette
    M'asseyais sur le pavé,
    Quand la fille à sa fenêtre
    S'installait à son clavier.
    Je scrutais la rue déserte
    Et la belle pianotait
    Elle jouait quelques notes
    Qu'aujourd'hui je vous rapporte...
    ... à peu près.
     
    On s'enfonçait dans le soir
    La nuit peu à peu tombait
    Les sons dansaient dans le noir
    Et mon âme s'enivrait.
    Elle ne devait pas savoir
    Que j'étais à ses côtés
    À savourer quelques notes
    Qu'aujourd'hui je vous rapporte...
    ... à peu près.
     
    J’accompagnais de mes doigts
    Les refrains qu'elle chantait
    Et la douceur de sa voix
    Tout doucement me berçait.
    Avec le recul je crois
    Que mon cœur s'enhardissait
    Sous le charme de ces notes
    Qu'aujourd'hui je vous rapporte...
    ... à peu près.
     
    Mais son père à la même heure
    Chaque soir l'interrompait
    "Ma fille il est bientôt l'heure
    Demain il faut se lever".
    Et dans un soupir majeur
    La belle arrêtait de jouer
    Et cessait ces quelques notes
    Qu'aujourd'hui je vous rapporte...
    ... à peu près.
     
    J'allumais ma cigarette
    Le cœur encore sonné
    Regardais à la fenêtre
    Le store qui descendait.
    Je quittais la rue déserte
    Le lendemain revenais
    Pour écouter ces trois notes
    Qu'aujourd'hui je vous rapporte...
    ... à peu près.
     
    "CES QUELQUES NOTES" publié dans 53 PAVES DANS LA MARE (et mis en musique sur le CD qui accompagne le livre
     
    Fenetre mai 2019
     
     

  • Printemps des poètes

     
    Enfin le printemps… des poètes
    Point d’attribut point d’épithète
    Point de technique ou de manière
    Place aux enfants d’Apollinaire…
    Des fonds de caves aux basses-cours
    Retrouvons l’âme troubadour
    Abusons de l’alexandrin
    Le cœur léger, le cœur badin,
     
    Enfin le printemps… des poètes
    Les muses vont être à la fête
    Les aubades seront légion
    Dans une armée de séduction,
    Tous les aphones le déflorent
    Des bourgeons de mots vont éclore
    Et nos bouches s’évertuer
    À ne parler qu’avec des pieds,

    Enfin le printemps… des poètes
    Sonnez sonnets sonnez trompettes
    La poésie reprend ses droits
    Sur le verlan sur le kesta…
    Point de honte en ce mois de mars
    Les rimes recouvrent leur place
    Et nos âmes vont s’abreuver
    De quelques vers aux premiers rais !
     
    Csm printemps des poetes 2019 visuel carre 66c174f2ed
     
     

  • Triple Négatif (Mon sein)

    Triple négatif

    Mon sein, jusqu'à ce matin, tu allais bien
    Mais la biopsie du médecin
    N'avait pas le même refrain
    Finalement, tu es malin !

    Un cancer ? Mais pour quoi faire ?
    Pas le temps pour toutes ces affaires
    Mon sein, tu es malade
    C'est une autre promenade…

    Échographie, mammographie, scintigraphie
    Chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie
    Tous ces maudits mots en i
    Me donnent le tournis !

    Après avoir reçu un tel choc
    Pas envie d'aller traîner au bloc,
    Pour rendre les piqûres supportables
    On m’équipe d'une chambre implantable

    Tel un robot, je vais aux chimios
    Mes ongles et mes cheveux endurent trop,
    On t'attaque à coup de grands repos
    Juste ce qu'il faut vu le bobo…

    Le sport à la Cami
    Est devenu mon meilleur ami
    Ces souffles qui sonnent à l'unisson
    Sont un pas vers la guérison.

    Mon sein, tu as pris toute la place
    Dans ma jeune vie, dans mon espace
    Tu es devenu seul épicentre
    Du séisme qui secoue mon ventre,

    Mon sein, je te soigne
    Les examens en témoignent
    Les tumeurs peu à peu s'envolent
    Tous nos cœurs en raffolent !

    Il est de nouveau l’heure du bloc opératoire
    Alors, mon sein, je te dis au revoir
    Je vais devoir apprendre à être à l’aise
    Avec cette nouvelle prothèse…

    Mon sein, autrefois grâce et beauté
    L’emblème de ma féminité
    Tu imploses au plus près de mon cœur
    Comme un pavé au milieu des fleurs

    Le reflet ne sera plus le même
    Face au miroir, je demeure blême
    Les lignes d’ombre ont évolué
    Il va falloir m’y habituer,

    Ultime pas, cette dose de rayons
    Pour tous les jours, quel drôle de compagnon
    De celui qui vous prend par la main
    La main mise sur votre destin…

    Et puis tous ces tatouages
    Comme un rappel pour chaque âge
    De tout ce que j'ai vécu
    Tel un soldat qui a combattu.

    Alors que le monde qui m’entoure
    Inexorablement fait son tour
    Sous les yeux de ceux qui me sont chers
    Je lutte au plus profond de ma chair

    Après tous ces mois de combat
    À enchaîner tous ces katas
    Ma force, mon Amour, c'est toi
    Merci de m'avoir consolée tant de fois.

    Mon petit bout, mon bébé
    Tout plein de courage tu m'as donné
    Je serai toujours là
    Pour guider tes petits pas.

    Avec ce corps désormais plus sain
    Il est temps de continuer notre chemin
    À surfer chaque jour sur la vie
    Comme une âme heureuse qui rit,

    Il est des batailles nécessaires
    Que l'on ne peut gagner en solitaire
    À ma famille, amis, thérapeutes et médecins
    Je dédie ce poème à quatre mains.

    Marion Cousinet et Laurent Ayçaguer
    Octobre 2018
     
    Triple negatif
     
     

  • La drôle d'équipe

    Jean, filiforme jeune homme blond
    Petit-fils d’un maître forgeron
    Originaire d’Ille-et-Vilaine
    Passionné par la petite reine
    Affectueux, gentil et courtois
    Attiré par les métiers du bois…
    Décédé, évidé de son sang
    Le mardi de ses vingt-deux printemps !

    Jean-Paul, clarinettiste amateur
    Pour autant réputé bagarreur
    Elevé sur les rives de l’Yonne
    Fiancé à la belle Simone
    Brave, vaillant, insensible au mal
    Insouciant, mais quoi de plus normal…
    À vingt ans tragiquement tombé
    Sous les balles au fond d’une tranchée !

    Pierre-Augustin, le joyeux luron
    Le farceur le pousseur de juron
    Elevé au pays de la houille
    Le sourire accroché à la bouille
    Malin, sous des airs de boute-en-train
    Qui rêvait d’un spectacle sans fin…
    Baisser de rideau pour ses vingt ans
    Sous la salve de tirs allemands !

    Bernard, frêle et timide poète
    Plus peureux que les autres arpètes
    Attiré par les mots et les rimes
    Qu’il versait pour couvrir sa déprime
    Chétif, ankylosé de mal-être
    Qui rédigeait chaque soir des lettres…
    Mutilé dans un cri déchirant
    L’année de ses vingt-et-un printemps !

    Jean-Pierre, le géant, le grand frère
    Que les autres appelaient « homm’ de terre »
    Paysan doté d’énormes doigts
    Caporal au hasard des combats
    Débrouillard et n’ayant peur de rien
    Si ce n’est de perdre ses copains…
    Ironie du sort, mort dans un champ
    Juste avant d’avoir eu vingt-cinq ans !

    Enfin Louis, le minot de Gironde
    Rêvant de conquérir le grand monde
    Puissant Général, droit dans ses bottes
    Arborant médaille et tête haute
    Chevalier de l'ordre du mérite
    Vous devinez sans doute la suite…
    Parti d’une traîtresse embolie
    À soixante ans au fond de son lit !

    LA DROLE D'EQUIPE texte hommage aux poilus extrait de LES BOUCHES DES GOÛTS

    Guerre tranchee canadian soldiers in trench france 1917 lac 3194258

     

     

  • Toussaint

     

    J’ai pleuré sur un vieux tombeau
    Maculé de vers de Raimbaud
    Enchanté par autant de rimes
    Que la douleur rendait sublime,
    J’ai posé ma main sur la pierre
    De cet auguste monument
    Je connais aujourd’hui sur terre
    Plus de gens morts que de vivants.
     
    J’ai prié au soleil couchant
    La mémoire de mes parents
    Dans les allées des cimetières
    La vie devient plus éphémère,
    Entre épitaphes et caveaux
    Dernière demeure des miens
    J’ai libéré tous les sanglots
    Que je contiens au quotidien.
     
    Refrain :
    À la Toussaint, tout est hommage,
    Notre âme pose ses nuages
    Entre souvenirs et présages,
    À la Toussaint, tout est hommage,
    On relit les plus belles pages
    Qui ont nourri notre voyage.
     
    J’ai traîné ma mélancolie
    À repasser ainsi ma vie
    Moi, le survivant inutile
    Moi, le naufragé en exil,
    J’ai cité des mots de Prévert
    Sur la stèle d’amis éteints
    Aujourd’hui vieux loup solitaire
    Sans eux, je me sens orphelin.
     
    Refrain :
    À la Toussaint, tout est hommage,
    Notre âme pose ses nuages
    Entre souvenirs et présages,
    À la Toussaint, tout est hommage,
    On relit les plus belles pages
    Qui ont nourri notre voyage.
     
    Cimetiere

     

     

     

  • Journée mondiale du refus de la misère

    TOUTE UNE VIE DANS UNE POCHE

     

    Toute une vie dans une poche

    Pour mes soixante balais

    Toute une vie et des sacoches

    Sous mes gros yeux fatigués,

    Seul quatre rats pour compagnons

    L’eau de pluie pour me raser

    Pas même un morceau de savon

    Pour un peu de dignité,

     

    Toute une vie au fond d’un sac

    Une maison sur le dos

    Plus minuscule qu’un ressac

    Plus pesante qu’un fardeau,

    Toute une vie et rien au bout

    Si ce n’est quelques images

    De mauvais choix de mauvais goût

    Et d’un putain de mariage,

     

    Toute une vie dans une poche

    À léguer à un enfant

    Empli de honte et de reproches

    Pour un père, un « père-dant »,

    Toute une vie à s’enfoncer

    Dans un gouffre de misère

    Et le divorce en apogée

    D’une histoire bien sévère,

     

    Toute vie de soixante ans

    Dont il ne restera rien

    Sauf la besace d’un errant

    Aux relents de mauvais vin,

     

    Toute une vie de soixante ans

    Qu’on ramassera un soir

    Comme on balaye un excrément

    Sur le rebord d’un trottoir….

     

    texte extrait de "Po-M-Rock" http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/po-m-rock.html

    17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère

    17 dalle

     

  • Une seconde

     

    UNE SECONDE...

    Une seconde… ce n’est rien pour toi !
    Mais une seconde
    C’est la durée de ce baiser
    Qui s’inscrit dans l’éternité
    Ce baiser d’amants retrouvés
    Que tu m’as enfin accordé
    Au bout… d’une heure,

    Une heure… ce n’est rien pour toi !
    Mais une heure
    C’est nous deux sur un banc serrés
    À l’abri d’un tulipier
    Et toi au banc des accusés
    Au ban des aveux insensés
    En cette fin… de journée,

    Une journée… ce n’est rien pour toi !
    Mais cette journée
    C’est une fleur dans les galets
    Un soleil au bout de l’ondée
    L’avènement inespéré
    Des quelques mots que j’attendais
    Depuis… un mois,

    Un mois… ce n’est rien pour toi !
    Mais un mois
    C’est tout le temps que j’ai passé
    Impatiente et déboussolée
    Entre doutes et contrariétés
    Depuis que tu m’as appelée
    Pour la nouvelle… année,

    Une année… ce n’est rien pour toi !
    Mais une année
    C’est des souffrances et des nausées
    À essayer de t’oublier
    À ne plus vouloir exister
    À panser la plus grosse plaie
    De… ma vie,

    Ma vie… ce n’est rien pour toi !
    Mais ma vie
    C’est une vie à toi donnée
    C’est une vie à toi léguée
    C’est une vie à tes côtés
    Ou bien c’est une vie ratée.

    Extrait de "PO-M-ROCK"...
    http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/po-m-rock.html

     

     

  • La prof

     

    LA PROF

     

    Elle est là sur la scène

    Qui se donne en spectacle

    Mi sorcière mi reine

    Au sein de la débâcle,

    Elle est là sur la scène

    À se livrer entière

    Au verdict de l’arène

    À la horde écolière…

     

    Elle est là sur la scène

    Qui griffonne au tableau

    Pour des élèves en peine

    Sans leur tourner le dos,

    Elle est là sur la scène

    Jouant d’indifférence

    Pour les regards obscènes

    Et les viles avances…

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Son village dans l’Eure

    Ses besoins de douceur

    Tous ses vases sans fleur ?

    Qui s’émeut de savoir

    Les passions qui l’animent

    Son studio qui l’opprime

    Ses soirées de déprime ?

     

    Elle est là sur la scène

    Qui colporte sa science

    Du haut de sa vingtaine

    De son inexpérience,

    Elle est là sur la scène

    Des maths et du dessin

    De l’amour à la haine

    Il n’y a pas très loin…

     

    Elle est là sur la scène

    Qui s’ébroue sans ferveur

    Sur les bords de la Seine

    Habitée par la peur,

    Elle est là sur la scène

    Ballottée d’illusions

    Mi sorcière mi reine

    Rêvant de mutation…

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Son village dans l’Eure

    Ses besoins de douceur

    Tous ses vases sans fleur ?

    Qui s’émeut de savoir

    Les passions qui l’animent

    Son studio qui l’opprime

    Ses soirées de déprime ?

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Ses pizzas sur le lit

    Ses week-ends de copies

    Ses nuitées d’insomnies ?

    Qui s’émeut de savoir

    Ses nausées de courage

    Ses idées de carnage

    Et ses larmes de rage ?

     

    BON COURAGE DEMAIN…

     

    Laurent Ayçaguer

    Auteur à temps gagné

     

     

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  • L'écrivain

     

    L'ECRIVAIN

    Il est minuit ce vingt juillet
    Encore une journée ratée
    Beaucoup d’idées qui se bousculent
    Mais mon roman lui qui recule,
    Papiers froissés sur le plancher
    Mégots au fond du cendrier
    Un mauvais cliché se dessine
    Je me jette dans la piscine,

    Refrain :
    Toi tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Toi tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

    Pas de lumière à la fenêtre
    Je noie mon corps et tout mon être
    Quelques brasses pour oublier
    Des lignes stéréotypées,
    Une douce brise balaye
    Les mots jetés à la corbeille
    Cette mélodie qui me soule
    C'est notre histoire qui s'écoule,

    Refrain :
    Toi tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Toi tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

    Je vais errer toute la nuit
    Comme à chaque fois que j'écris
    Me coucherai au petit jour
    Sans même te faire l'amour,
    Je gâche beaucoup de nous deux
    Je sais les larmes à tes yeux
    Faut-il que tu m'aimes vraiment
    Je ne sais pas vivre autrement,

    Refrain :
    Et tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Et tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

     

    Nuit

     

     

  • LA VILLE EST CHANT

     

    LA VILLE EST CHANT…

    La ville est Jazz
    À la mairie
    Belle bourgeoise
    Pavée d’or et de rubis,

    La ville est Pop
    Est populaire
    Dans les échoppes
    De sa cheville ouvrière,

    La ville est Blues
    Parée de leurres
    Soumise épouse
    De voraces promoteurs,

    La ville est Rock
    Rocs de béton
    Montés en bloc
    En mirador de prison,

    La ville est Rap
    Dans les étages
    Elle dérape
    Conjugue maux et clivages,

    La ville est champs
    Champs de détresse
    Quand dans l’orchestre
    Chacun creuse son propre sillon,

    La ville est chant
    Chant d’allégresse
    Quand dans l’orchestre
    Tous y jouent la même partition !

    Illustration Maryvonne Leclerc...

     

    Image 6

     

  • RENDEZ VOUS A LA FNAC BORDEAUX

     

    Bonjour à tous !

     

    J’ai l’immense plaisir de vous informer que je serai à la

     

    FNAC de Bordeaux Ste Catherine

    adresse : 50 rue Ste Catherine, 33000 Bordeaux

    les

    Vendredi 27 et samedi 28 avril de 14h30 à 18h30

     

    Pour une séquence dédicace dans le cadre du salon des Auteurs Aquitains.

     

    https://www.fnac.com/Les-auteurs-d-Aquitaine-font-salon-a-la-Fnac/cp39127/w-4

     

    J’espère avoir le plaisir de vous y retrouver…

     

    J’aurai mon « œuvre » avec moi, mon plus beau stylo et mon plus beau sourire !

     

    Dans l’attente, je vous souhaite une excellente journée.

     

     

     

    2018 04 27 Fnac Les auteurs d'Aquitaine dédicacent.jpg

     

     

  • Ah ! Si...

     

    Ah ! Si...

     

    Ah ! Si cette rombière de Madame de Lucrèce n'avait pas fait un esclandre ce jour d’août 1960 ! Pour un pot de chambre ébréché. Un vulgaire pot de chambre.

    Ah ! Si la jeune Marie, femme de ménage de son état, ne s'était pas « prise le bec » avec cette vieille peau comme elle l'appelait, excédée par ce nouveau caprice d'enfant gâtée ! Heureusement, la patronne de l'hôtel, Madame Rivière, s'était voulue conciliante. Juste en personnel disponible, elle avait acquiescé que la cliente abusait un peu. Elle avait même admis, du bout des lèvres, que celle-ci avait un caractère difficile. Mais une cliente était une cliente ! Qui payait bien de surcroît. Fidèle et généreuse sous ses traits antipathiques. L'hôtel ne pouvait pas se permettre de la perdre, il en allait de sa réputation. Aussi Madame Rivière, la patronne, avait-elle décidé de satisfaire son hôte. Le pot de faïence était fêlé : on allait le changer sur le champ.

    Ah ! Si la jeune Pauline, jolie petite brune énergique au service de Madame Rivière depuis deux saisons maintenant, n’était pas passée dans le hall de l’hôtel juste à ce moment précis ! Juste sous le nez de sa patronne ! Ce n’est sûrement pas elle qui se serait acquittée de la tâche, qui aurait été missionnée pour acheter le pot de rechange….

    Ah ! Si Monsieur Loubère, le droguiste du coin n'avait pas fermé sa boutique ce jour-là ! Exceptionnellement. Pour cause d'enterrement de sa sœur, Janine, la cadette. Décédée d'une longue maladie. Déjà à l'époque. Ce qui obligea la jeune et jolie Pauline à arpenter les rues de Lourdes afin de trouver un autre commerçant approprié. Car il n’était pas question de faillir à la tâche. Et de contrarier Madame de Lucrèce. Cela dit, rien ne faisait peur à cette espiègle souletine, née dans une ferme au milieu d'une vallée perdue. Elle avait l'habitude de marcher des kilomètres et des kilomètres pour aller au bal du samedi soir ou encore à la messe du dimanche matin.

    Ah ! Si un violent orage n'avait pas éclaté, cet après-midi-là, dans le ciel de Bigorre ! Pauline, alors sur le chemin du retour, son sésame sous le bras, n’aurait pas été contrainte de s’abriter quelques minutes sous une marquise en plein milieu de la rue de Langelle.

    ...

    Ah ! Si François n'avait pas été de mariage ce dernier week-end là ! De son frère aîné, Pierre. Celui qui travaillait à la forge à Bagnères. S’il n’avait pas été le témoin attitré de cette noce dont on parla de longues années pour son ambiance extraordinaire, il n'aurait pas dû échanger son jour de repos avec Jean-Pierre.

    Jean-Pierre, son collègue valet de chambre. Qui effectuait lui aussi la saison et avec qui il s'entendait si bien. Jean-Pierre, le Basque comme tout le monde l’appelait. Jeune, dynamique, un peu « truffeur ». Beaucoup même. Mais toujours tiré à quatre épingles et toujours prêt à rendre service.

    Ah ! Si la tête de delco n'avait pas immobilisé la vieille Aronde du Basque pour une huitaine chez le garagiste ! Justement débordé cette semaine avec la horde de fidèles débarqués des quatre coins de France pour la procession du quinze août. Et qui avaient tous des problèmes qui mécaniques, qui pneumatiques, qui liturgiques. Il n’aurait pas été là, Jean-Pierre, à se promener tout seul un jour de semaine dans les rues de la ville. Un mardi. À quoi bon être de repos un mardi ? Tout le monde travaille, personne n'est disponible. C'est un jour de perdu. Quitte à faire la pige loin de chez soi, autant travailler pour gagner plus !

    Ah ! Si Jean-Pierre, pour tuer le temps qui virait au gris, n’avait pas eu la bonne idée, quelques minutes auparavant et sous l’emprise de l’ennui, de se payer une séance de cinéma ! Le dernier film avec Brigitte Bardot. Il ne serait jamais passé, lui non plus, cet après-midi là, rue de Langelle.

    Ah ! Si l'orage ne l’avait pas surpris, lui aussi, et ne l’avait pas obligé à se protéger sous le premier abri venu !

    Et si sous ce premier abri venu, la marquise d’une belle bâtisse lourdaise, ne s’était pas déjà trouvée par hasard, la jeune et jolie Pauline !

    Oui, si ces deux là ne s’étaient pas rencontrés fortuitement, au bon caprice du destin et de la météo un jour d’août mille neuf cent soixante, et bien…

    et bien…

    et bien…

    et bien vous ne seriez pas là, VOUS, en ce moment, en train de lire ces quelques lignes.

     

                                                         Nuion0001

     

     

  • MESDAMES

     

    Mesdames,

     

    J'ai trois mots à vous dire
    Plus beaux qu'une émeraude
    Plus mélodieux qu'une ode
    À glisser sans attendre
    Avant qu'ils ne soient cendre...

    J'ai trois mots à vous dire
    Qui parlent d'euphorie
    D’une grâce infinie
    De mon âme servile
    Quand vous battez vos cils...

    J'ai trois mots à vous dire
    Mais la beauté inonde
    Les bris de ma faconde
    Et mes sons balbutient
    Pour vous mes égéries...

    J'ai trois mots à vous dire
    Si durs à prononcer
    Qu'ils s'échouent à vos pieds
    Dans de longs baratins
    Où je perds mon latin...

    J'ai trois mots à vous dire
    Mais mon cœur est trop vif
    Malhabile émotif
    Que toujours je m'épanche
    Dans de trop larges tranches...
     

    J'ai trois mots à vous dire
    À nul autre pareil
    Au creux de votre oreille
    Qui se muent en malaise
    Se perdent en fadaises...

    J'ai trois mots à vous dire
    Qui me mettent en émoi

    Papillonnent en moi...
    Aussi je les écris
    Avant qu'ils ne s'enfuient :
     

    Je vous aime.

     

    Laurent Ayçaguer

    Auteur à temps gagné
    le 8 mars 2018, pour la « Journée Internationale des droits des Femmes »

    http://laurentaycaguer.e-monsite.com/

     

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