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Voici quelques extraits de mes écrits, de mes humeurs...

  • Printemps des poètes

     
    Enfin le printemps… des poètes
    Point d’attribut point d’épithète
    Point de technique ou de manière
    Place aux enfants d’Apollinaire…
    Des fonds de caves aux basses-cours
    Retrouvons l’âme troubadour
    Abusons de l’alexandrin
    Le cœur léger, le cœur badin,
     
    Enfin le printemps… des poètes
    Les muses vont être à la fête
    Les aubades seront légion
    Dans une armée de séduction,
    Tous les aphones le déflorent
    Des bourgeons de mots vont éclore
    Et nos bouches s’évertuer
    À ne parler qu’avec des pieds,

    Enfin le printemps… des poètes
    Sonnez sonnets sonnez trompettes
    La poésie reprend ses droits
    Sur le verlan sur le kesta…
    Point de honte en ce mois de mars
    Les rimes recouvrent leur place
    Et nos âmes vont s’abreuver
    De quelques vers aux premiers rais !
     
    Csm printemps des poetes 2019 visuel carre 66c174f2ed
     
     

  • Triple Négatif (Mon sein)

    Triple négatif

    Mon sein, jusqu'à ce matin, tu allais bien
    Mais la biopsie du médecin
    N'avait pas le même refrain
    Finalement, tu es malin !

    Un cancer ? Mais pour quoi faire ?
    Pas le temps pour toutes ces affaires
    Mon sein, tu es malade
    C'est une autre promenade…

    Échographie, mammographie, scintigraphie
    Chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie
    Tous ces maudits mots en i
    Me donnent le tournis !

    Après avoir reçu un tel choc
    Pas envie d'aller traîner au bloc,
    Pour rendre les piqûres supportables
    On m’équipe d'une chambre implantable

    Tel un robot, je vais aux chimios
    Mes ongles et mes cheveux endurent trop,
    On t'attaque à coup de grands repos
    Juste ce qu'il faut vu le bobo…

    Le sport à la Cami
    Est devenu mon meilleur ami
    Ces souffles qui sonnent à l'unisson
    Sont un pas vers la guérison.

    Mon sein, tu as pris toute la place
    Dans ma jeune vie, dans mon espace
    Tu es devenu seul épicentre
    Du séisme qui secoue mon ventre,

    Mon sein, je te soigne
    Les examens en témoignent
    Les tumeurs peu à peu s'envolent
    Tous nos cœurs en raffolent !

    Il est de nouveau l’heure du bloc opératoire
    Alors, mon sein, je te dis au revoir
    Je vais devoir apprendre à être à l’aise
    Avec cette nouvelle prothèse…

    Mon sein, autrefois grâce et beauté
    L’emblème de ma féminité
    Tu imploses au plus près de mon cœur
    Comme un pavé au milieu des fleurs

    Le reflet ne sera plus le même
    Face au miroir, je demeure blême
    Les lignes d’ombre ont évolué
    Il va falloir m’y habituer,

    Ultime pas, cette dose de rayons
    Pour tous les jours, quel drôle de compagnon
    De celui qui vous prend par la main
    La main mise sur votre destin…

    Et puis tous ces tatouages
    Comme un rappel pour chaque âge
    De tout ce que j'ai vécu
    Tel un soldat qui a combattu.

    Alors que le monde qui m’entoure
    Inexorablement fait son tour
    Sous les yeux de ceux qui me sont chers
    Je lutte au plus profond de ma chair

    Après tous ces mois de combat
    À enchaîner tous ces katas
    Ma force, mon Amour, c'est toi
    Merci de m'avoir consolée tant de fois.

    Mon petit bout, mon bébé
    Tout plein de courage tu m'as donné
    Je serai toujours là
    Pour guider tes petits pas.

    Avec ce corps désormais plus sain
    Il est temps de continuer notre chemin
    À surfer chaque jour sur la vie
    Comme une âme heureuse qui rit,

    Il est des batailles nécessaires
    Que l'on ne peut gagner en solitaire
    À ma famille, amis, thérapeutes et médecins
    Je dédie ce poème à quatre mains.

    Marion Cousinet et Laurent Ayçaguer
    Octobre 2018
     
    Triple negatif
     
     

  • La drôle d'équipe

    Jean, filiforme jeune homme blond
    Petit-fils d’un maître forgeron
    Originaire d’Ille-et-Vilaine
    Passionné par la petite reine
    Affectueux, gentil et courtois
    Attiré par les métiers du bois…
    Décédé, évidé de son sang
    Le mardi de ses vingt-deux printemps !

    Jean-Paul, clarinettiste amateur
    Pour autant réputé bagarreur
    Elevé sur les rives de l’Yonne
    Fiancé à la belle Simone
    Brave, vaillant, insensible au mal
    Insouciant, mais quoi de plus normal…
    À vingt ans tragiquement tombé
    Sous les balles au fond d’une tranchée !

    Pierre-Augustin, le joyeux luron
    Le farceur le pousseur de juron
    Elevé au pays de la houille
    Le sourire accroché à la bouille
    Malin, sous des airs de boute-en-train
    Qui rêvait d’un spectacle sans fin…
    Baisser de rideau pour ses vingt ans
    Sous la salve de tirs allemands !

    Bernard, frêle et timide poète
    Plus peureux que les autres arpètes
    Attiré par les mots et les rimes
    Qu’il versait pour couvrir sa déprime
    Chétif, ankylosé de mal-être
    Qui rédigeait chaque soir des lettres…
    Mutilé dans un cri déchirant
    L’année de ses vingt-et-un printemps !

    Jean-Pierre, le géant, le grand frère
    Que les autres appelaient « homm’ de terre »
    Paysan doté d’énormes doigts
    Caporal au hasard des combats
    Débrouillard et n’ayant peur de rien
    Si ce n’est de perdre ses copains…
    Ironie du sort, mort dans un champ
    Juste avant d’avoir eu vingt-cinq ans !

    Enfin Louis, le minot de Gironde
    Rêvant de conquérir le grand monde
    Puissant Général, droit dans ses bottes
    Arborant médaille et tête haute
    Chevalier de l'ordre du mérite
    Vous devinez sans doute la suite…
    Parti d’une traîtresse embolie
    À soixante ans au fond de son lit !

    LA DROLE D'EQUIPE texte hommage aux poilus extrait de LES BOUCHES DES GOÛTS

    Guerre tranchee canadian soldiers in trench france 1917 lac 3194258

     

     

  • Toussaint

     

    J’ai pleuré sur un vieux tombeau
    Maculé de vers de Raimbaud
    Enchanté par autant de rimes
    Que la douleur rendait sublime,
    J’ai posé ma main sur la pierre
    De cet auguste monument
    Je connais aujourd’hui sur terre
    Plus de gens morts que de vivants.
     
    J’ai prié au soleil couchant
    La mémoire de mes parents
    Dans les allées des cimetières
    La vie devient plus éphémère,
    Entre épitaphes et caveaux
    Dernière demeure des miens
    J’ai libéré tous les sanglots
    Que je contiens au quotidien.
     
    Refrain :
    À la Toussaint, tout est hommage,
    Notre âme pose ses nuages
    Entre souvenirs et présages,
    À la Toussaint, tout est hommage,
    On relit les plus belles pages
    Qui ont nourri notre voyage.
     
    J’ai traîné ma mélancolie
    À repasser ainsi ma vie
    Moi, le survivant inutile
    Moi, le naufragé en exil,
    J’ai cité des mots de Prévert
    Sur la stèle d’amis éteints
    Aujourd’hui vieux loup solitaire
    Sans eux, je me sens orphelin.
     
    Refrain :
    À la Toussaint, tout est hommage,
    Notre âme pose ses nuages
    Entre souvenirs et présages,
    À la Toussaint, tout est hommage,
    On relit les plus belles pages
    Qui ont nourri notre voyage.
     
    Cimetiere

     

     

     

  • Journée mondiale du refus de la misère

    TOUTE UNE VIE DANS UNE POCHE

     

    Toute une vie dans une poche

    Pour mes soixante balais

    Toute une vie et des sacoches

    Sous mes gros yeux fatigués,

    Seul quatre rats pour compagnons

    L’eau de pluie pour me raser

    Pas même un morceau de savon

    Pour un peu de dignité,

     

    Toute une vie au fond d’un sac

    Une maison sur le dos

    Plus minuscule qu’un ressac

    Plus pesante qu’un fardeau,

    Toute une vie et rien au bout

    Si ce n’est quelques images

    De mauvais choix de mauvais goût

    Et d’un putain de mariage,

     

    Toute une vie dans une poche

    À léguer à un enfant

    Empli de honte et de reproches

    Pour un père, un « père-dant »,

    Toute une vie à s’enfoncer

    Dans un gouffre de misère

    Et le divorce en apogée

    D’une histoire bien sévère,

     

    Toute vie de soixante ans

    Dont il ne restera rien

    Sauf la besace d’un errant

    Aux relents de mauvais vin,

     

    Toute une vie de soixante ans

    Qu’on ramassera un soir

    Comme on balaye un excrément

    Sur le rebord d’un trottoir….

     

    texte extrait de "Po-M-Rock" http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/po-m-rock.html

    17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère

    17 dalle

     

  • Une seconde

     

    UNE SECONDE...

    Une seconde… ce n’est rien pour toi !
    Mais une seconde
    C’est la durée de ce baiser
    Qui s’inscrit dans l’éternité
    Ce baiser d’amants retrouvés
    Que tu m’as enfin accordé
    Au bout… d’une heure,

    Une heure… ce n’est rien pour toi !
    Mais une heure
    C’est nous deux sur un banc serrés
    À l’abri d’un tulipier
    Et toi au banc des accusés
    Au ban des aveux insensés
    En cette fin… de journée,

    Une journée… ce n’est rien pour toi !
    Mais cette journée
    C’est une fleur dans les galets
    Un soleil au bout de l’ondée
    L’avènement inespéré
    Des quelques mots que j’attendais
    Depuis… un mois,

    Un mois… ce n’est rien pour toi !
    Mais un mois
    C’est tout le temps que j’ai passé
    Impatiente et déboussolée
    Entre doutes et contrariétés
    Depuis que tu m’as appelée
    Pour la nouvelle… année,

    Une année… ce n’est rien pour toi !
    Mais une année
    C’est des souffrances et des nausées
    À essayer de t’oublier
    À ne plus vouloir exister
    À panser la plus grosse plaie
    De… ma vie,

    Ma vie… ce n’est rien pour toi !
    Mais ma vie
    C’est une vie à toi donnée
    C’est une vie à toi léguée
    C’est une vie à tes côtés
    Ou bien c’est une vie ratée.

    Extrait de "PO-M-ROCK"...
    http://laurentaycaguer.e-monsite.com/boutique/formats-papier/po-m-rock.html

     

     

  • La prof

     

    LA PROF

     

    Elle est là sur la scène

    Qui se donne en spectacle

    Mi sorcière mi reine

    Au sein de la débâcle,

    Elle est là sur la scène

    À se livrer entière

    Au verdict de l’arène

    À la horde écolière…

     

    Elle est là sur la scène

    Qui griffonne au tableau

    Pour des élèves en peine

    Sans leur tourner le dos,

    Elle est là sur la scène

    Jouant d’indifférence

    Pour les regards obscènes

    Et les viles avances…

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Son village dans l’Eure

    Ses besoins de douceur

    Tous ses vases sans fleur ?

    Qui s’émeut de savoir

    Les passions qui l’animent

    Son studio qui l’opprime

    Ses soirées de déprime ?

     

    Elle est là sur la scène

    Qui colporte sa science

    Du haut de sa vingtaine

    De son inexpérience,

    Elle est là sur la scène

    Des maths et du dessin

    De l’amour à la haine

    Il n’y a pas très loin…

     

    Elle est là sur la scène

    Qui s’ébroue sans ferveur

    Sur les bords de la Seine

    Habitée par la peur,

    Elle est là sur la scène

    Ballottée d’illusions

    Mi sorcière mi reine

    Rêvant de mutation…

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Son village dans l’Eure

    Ses besoins de douceur

    Tous ses vases sans fleur ?

    Qui s’émeut de savoir

    Les passions qui l’animent

    Son studio qui l’opprime

    Ses soirées de déprime ?

     

    Refrain :

    Qui s’enquiert de savoir

    Ses pizzas sur le lit

    Ses week-ends de copies

    Ses nuitées d’insomnies ?

    Qui s’émeut de savoir

    Ses nausées de courage

    Ses idées de carnage

    Et ses larmes de rage ?

     

    BON COURAGE DEMAIN…

     

    Laurent Ayçaguer

    Auteur à temps gagné

     

     

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  • L'écrivain

     

    L'ECRIVAIN

    Il est minuit ce vingt juillet
    Encore une journée ratée
    Beaucoup d’idées qui se bousculent
    Mais mon roman lui qui recule,
    Papiers froissés sur le plancher
    Mégots au fond du cendrier
    Un mauvais cliché se dessine
    Je me jette dans la piscine,

    Refrain :
    Toi tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Toi tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

    Pas de lumière à la fenêtre
    Je noie mon corps et tout mon être
    Quelques brasses pour oublier
    Des lignes stéréotypées,
    Une douce brise balaye
    Les mots jetés à la corbeille
    Cette mélodie qui me soule
    C'est notre histoire qui s'écoule,

    Refrain :
    Toi tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Toi tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

    Je vais errer toute la nuit
    Comme à chaque fois que j'écris
    Me coucherai au petit jour
    Sans même te faire l'amour,
    Je gâche beaucoup de nous deux
    Je sais les larmes à tes yeux
    Faut-il que tu m'aimes vraiment
    Je ne sais pas vivre autrement,

    Refrain :
    Et tu te morfonds dans le lit
    Demain tu me feras la gueule
    Et tu t’endors dans ce grand lit
    Tu dors encore toute seule.

     

    Nuit